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Lu pour vous, chaque mois un nouveau livre, vous avez aimé un livre, vous voulez en parler Ecrire à Didier
Décembre : Les Menteurs
de Marc Lambron Editions Grasset
Roman broché 226 pages
paru en aout 2004

Mes coups de coeurs: Da Vinci Code (Lattès), La grande Île
(Albin Michel), Sept mers et
treize rivières (Belfond)... Toutes les fiches livres


En 1975, Pierre, Claire et Karine étaient réunis dans une hypokhâgne de Lyon. Trente ans plus tard, ils se retrouvent à Paris. Bien sûr, ils ont changé. Bien sûr, une part de leur vie s’est jouée. Bien sûr, chacun à leur manière, ces rejetons nés avec la Ve République ont traversé la vie en tentant d’y faire leur place. Mais au fond, qu’ont-ils fait de leurs jours ? Comment ces trois jeunes figures d’intellectuels – deux normaliens et une journaliste – se sont-ils inscrits dans leur époque, marquée par le passage de la pensée structuraliste au tout médiatique, de l’analyse du pouvoir à la tyrannie des images, de la grande pensée française à l’américanisation globale du petit écran, du temps de la critique à celui de la consommation ironique des produits culturels ?
Entre les arcanes du pouvoir politique et mondain qu’aura désirées Pierre, le monde universitaire dans lequel se sera enfermée Claire et l’univers frivole de la presse féminine dans lequel Karine sera tombée un peu par hasard – par défaut oserait-on dire –, ces trois silhouettes de la bourgeoisie éclairée auront choisi autant que subi leur destin.

Dans ce beau roman où alternent les autobiographies lucide des trois acteurs de cette comédie de mœurs bien française, Marc Lambron nous propose moins une fiction nostalgique d’ancien combattant qu’une photo de classe passée au tamis des souvenirs. Une belle réussite, qui frappe par son aptitude à exhumer la vérité charnelle de trois « menteurs » otages de leur temps.


Mots de l'auteur

« Depuis dix ans, j'ai tenté de parcourir à travers fictions et chroniques le siècle où j'étais né. J'arrive à la fin de ce cycle avec un roman qui n'est plus celui de la mémoire imaginée, mais des souvenirs recomposés : 1974-2004, trois décennies qui ont conduit de l'adolescence à l'âge d'homme les enfants nés au début de la V° République.
Les Menteurs est l'histoire d'une photo de classe. En 1975, Claire, Karine et Pierre se côtoyaient sur les bancs d'une hypokhâgne lyonnaise. Presque trente ans plus tard, ils se retrouvent. A travers trois simulacres d'autobiographie, sans cesse entrecroisés et mis en regard, ces petits poissons racontent leur bocal ; l'université et la presse, la politique et la mode, la télévision et le sexe.
Entre une révolution impossible et une apocalypse redoutée, les fils de la parenthèse enchantée ont vécu en otages des passions qu'ils dénoncent. Bulles de savon d'une comédie française, ils ont traversé la guerre civile qui oppose l'amnésie et le sens, la cupidité et la culture, les hommes et les femmes. On commence avec le structuralisme et l'on finit avec les sitcoms : trente ans pour rien ?
Toute vie est un gâchis, c'est entendu. Notre sincérité est toujours celle du témoin abusé : il n'y a pas de bonne version, seulement des interprétations. Tyran des reflets, de l'époque, de la mémoire, le mensonge embrasse la vérité comme le silence renvoie au langage. Etrangers à nous-mêmes en croyant nous connaître, nous vivons proches des autres en partageant cette imposture. Mais dans le lent évanouissement des illusions et des intransigeances, il y a place pour une probité. Quand les mensonges ont brûlé sur le bûcher du temps, les cendres disent la vérité. En les dispersant au vent des mots, j'ai rêvé d'un gai savoir. »

source FNAC