Arrestation d'André Patureaux par la gestapo
Par Admin, mercredi 26 octobre 2005 à 21:56 :: Arrestation par la gestapo :: #3 :: rss
L’arrestation

Récit de son épouse Marcelle
C’était le 5 ou 6 décembre 1943. Jocelyne venait de partir pour l’école avec Georgette Hansen la fille aînée des voisins qui l’accompagnait régulièrement.
Soudain, des coups violents dans la porte vitrée (le perron n’était pas encore fermé). André qui venait de rentrer après son travail de nuit, dormait à l’étage. Joël était avec moi au rez-de-chaussée. Terrifiée, j’ai vu la casquette plate d’un officier allemand et un autre homme en civil. Je savais que je ne pouvais pas résister mais mes mains inertes ne pouvaient fonctionner !
Les coups redoublaient. J’ai réussi à ouvrir. Ils se sont engouffrés. J’ai voulu monter avec eux mais une poigne solide m’a tirée en arrière. Quand je suis arrivée à l’étage. Il était déjà tombé du lit. Tous les quatre sommes redescendus. Joël,deux ans et demi, courait autour de la table en disant « musique ». Je n’ai jamais su pourquoi !
André a voulu aller aux toilettes. Cela s’est fait évidemment la porte ouverte. Le civil m’a poussée dans la cuisine pour me questionner sur les activités de mon mari « terroriste ».Le mot revenait souvent. J’ai dit « il revient de son travail de nuit.
—C’est faux, vous mentez ». Weisensee le questionnait dans le séjour.
La voiture de la Gestapo était devant la porte avec un soldat allemand au volant. Il y avait une cheminée dans la pièce sur laquelle s’exposait la photo de Pépère Friche en soldat, (il était prisonnier en Allemagne) J’ai dû dire le n° de son Stalag : 11 B. Ils ont pris la photo.
Tout a duré environ une demi-heure y compris une fouille rapide des lits et de la maison.
Quand nous avons voulu nous dire au revoir, ils l’ont giflé et nous ont séparés plus que brutalement ! Le soldat est sorti de la voiture pour ouvrir la portière et voilà !
Après leur départ, Mme Hansen, notre voisine, est arrivée et a emmené joël. J’ai couru à la pharmacie Crépin rue du Mont d’Arêne où Robert Pé travaillait pour qu’il aille vite prévenir maman. Je suis allée ensuite chez Mme Daigle dont le fils Pierre, 20 ans venait d’être arrêté quelques jours avant : rien à voir avec André, juste quelques injures de jeunes, pourtant il est mort dans les camps ! C’était pour lui demander si elle savait où était emmené son fils. Elle m’a dit d’aller à la Gestapo, rue Jeanne d’Arc, peut-être me le diraient-ils comme à elle.
J’y suis allée. Ils m’ont laissée au rez-de-chaussée, encadrée par 2 bergers allemands. Je n’osais pas bouger. De l’étage, on m’a crié « prison Robespierre » et voilà !
Depuis ce moment, André est passé de la prison Robespierre aux caves de la rue Jeanne D’Arc où la Gestapo interrogeait. Jocelyne et joël ont été autorisés à lui apporter des colis Marcelle ne l’a revu qu’une fois, bien mal en point à l’hôpital.
Puis ce fut le départ du convoi du 27 avril 1944.Marcelle a dû travailler à faire des ménages car le gouvernement de Vichy considérant André comme terroriste, son traitement était suspendu.

