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mercredi 2 juillet 2008

Daumal, Reims et le Grand Jeu


par Ronald Klapka (académie de Rennes), IA-IPR Etablissements et Vie Scolaire
"Le Grand Jeu n'est pas une revue littéraire, artistique, philosophique ni politique. Le Grand Jeu ne cherche que l'essentiel. L'essentiel n'est rien de ce qu'on peut imaginer : L'Occident contemporain a oublié cette vérité si simple, et pour la retrouver il faut braver plusieurs dangers, dont les plus connus et les plus communs sont la mort (la vraie mort, celle de la pierre ou de l'hydrogène, et non pas l'agréable mort, gorgée d'espérances et ornée d'excitants remords, que l'on connaît trop) - la folie (la vraie folie, lumineuse et impuissante comme le soleil éclairant une assemblée de magistrats, la folie sans issue, de celui qu'on abat comme un chien, et non pas l'heureuse folie qui est le plus charmant moyen d'occuper la vie) - la syphilis, la lèpre léonine, le mariage ou la conversion religieuse."

Le Grand Jeu qui est bien toutefois une revue (1928), il en paraîtra trois numéros et un quatrième ne verra pas le jour, est à l'évidence un manifeste en acte dans le sillage des grandes révoltes de Rimbaud ou de Lautréamont, qui ne recule ni devant le paradoxe ni la radicalité pour enfin "changer la vie."

René Daumal (1908-1944), Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943), Meyrat, Roger-Vailland "phrères simplistes" au lycée de Reims (lycée des Bons Enfants) qui n'hésiteront pas à se livrer à quelques expériences-limites comme le feront Artaud ou Michaux, auront beaucoup gardé de leur révolte adolescente dans ce projet -littéraire- quoi qu'ils en aient ; on sait en effet que lorsque leurs routes se sépareront, les attendra une destinée d'écrivain et leurs œuvres garderont la trace de ce moment unique dans l'histoire culturelle et artistique (le peintre Sima rejoindra le mouvement : "Ferme les yeux et fixe la bougie devant toi. Crie les textes des lycéens de Reims et tu verras se dessiner, nyctalope initié, la spirale de Sima !")

Les adeptes du Grand Jeu s'inscrivent dans le sillage du surréalisme, et s'ils n'ont pas connu à l'instar de Breton les affres de la première guerre mondiale, ils n'en partagent pas moins la révolte de ces remarquables aînés dont ils vont, dans un premier temps, se rapprocher. Le Grand Jeu affiche en effet une volonté de négation de l'ordre établi sous toutes ses formes :

"Il s'agit avant tout de faire désespérer les hommes d'eux-mêmes et de la société. De ce massacre d'espoirs naîtra une Espérance sanglante et sans pitié : être éternel par refus de vouloir durer. Nos découvertes sont celles de l'éclatement et de la dissolution de tout ce qui est organisé. Car toute organisation périt lorsque les buts s'effacent à l'horizon de l'avenir, qui n'est plus qu'une barre blanche posée sur le front."

C'est ainsi qu'en 1930 dans sa "lettre ouverte" à André Breton, René Daumal annonçait que le Grand Jeu échapperait à l'histoire littéraire pour entrer dans "l'ère des cataclysmes".

C'est avec Le Mont Analogue, publié en 1952 après la mort de l'auteur, que Daumal avait atteint la plénitude de son art. C'est une sorte de roman qui rejoint le mythe par la simplicité et la profondeur et dans lequel se fait fortement sentir l'influence de la philosophie indienne. La montagne, lien entre la terre et le ciel, est escaladée par les huit marins du yacht L'Impossible, à la recherche de la libération suprême. Symbolisme multiple : la terre, la mer, le ciel, la montagne, mais aussi la navigation, l'ascension. Cet ouvrage tardif a peu à voir avec l'éthique et l'esthétique du Grand Jeu (dont Daumal se détache dès l'année 1930 et qu'il rejette à partir de 1934-1935).

En 1979, un poète, Pierre-Albert Jourdan présentait à la revue parlée de Beaubourg une nouvelle revue : Port-des-Singes, le lieu où accostent les passagers de l'Impossible sur les rives du Mont Analogue. En rappelant les mots de Daumal "Ecrire est pour moi un exercice très grave et plein de risques : dire ce que je connais, ni plus ni moins", Jourdan soulignait outre la postérité du Grand Jeu, l'exigence de vérité qui animait ses animateurs et rappelait un enjeu essentiel du mouvement, sa poésie qu'illustrera aussi Roger Gilbert-Lecomte qui le rejoindra.

Alors, actuel ou démodé le Grand Jeu ? A vrai dire, sans doute "intempestif" au sens nietzschéen, à temps et à contre-temps. Puissent les manifestations rémoises de 2004 transmettre aux lycéens d'aujourd'hui, les pouvoirs de "voyants" de leurs aînés.

lire la suite sur la source : académie de Reims

lundi 19 mai 2008

Littérature rémoise-champenoise

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Présentation du livre"Couleurs de guerre":
" Ah Dieu ! que la guerre est jolie... " On connaît le vers amer d'Apollinaire, témoin dans les tranchées champenoises des horreurs d'une guerre qui, de 1914 à 1918, fera des millions de morts et de blessés. De cette tragédie témoignent aussi de multiples photographies : la violence des assauts, leurs effrayants résultats s'y inscrivent entre noir et blanc dans toutes ces nuances de gris qu'on accorde si aisément, culturellement, aux visions dramatiques, aux ciels menaçants, aux cités dévastées, aux terres labourées par lés explosions d'obus. Mais d'autres images existent, moins connues parce que moins montrées et reproduites, qui rendent à cette guerre ses couleurs. Des couleurs étonnamment préservées, grâce au procédé autochrome mis au point par les frères Lumière, comme on peut en juger par les photographies de cet album consacré à la bataille de la Marne, au front de Champagne et à la ville de Reims. Dans cette zone de combats très emblématique du conflit travaillèrent, avec ce même procédé autochrome, des photographes aussi bien français qu'allemand : Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931), Hans Hildenbrand (1870-1957), Paul Castelnau (1880-1944) et Fernand Cuville (1887-1927). De ces photographies en couleur de la Grande Guerre, Alain Fleischer écrit qu'elles " sont par avance et au-delà du drame des images de réparation, de réconciliation. Il y a en elles le sage recul d'un temps méditatif ". Et si la couleur apporte d'elle-même une touche d'espoir, le procédé autochrome, qui exige un matériel lourd et un long temps de pose, exclut l'instantané et impose de regarder " la guerre en tant qu'état : avant et après les actes ".


Présentation de "Reims", de Anne Parache:
Cet ouvrage, comportant un cahier héliographique de qualité, fait partie d'une collection de monographies pouvant servir soit à l'étude artistique du lieu ou du monument désigné soit à son exploration touristique en tant que guide fidèle et sûr

Présentation de "la liberté guidait leurs pas", de Pierre Miquel:
Juillet 1918. A Paris, le défilé symbolique du 14 Juillet ne peut masquer l'affreuse réalité. L'armée allemande progresse, l'avantage est à l'ennemi. Dans la capitale bombardée, on a peur, les cris des victimes retentissent. Si l'arrivée régulière des renforts américains fait naître l'espoir, l'arrivée non moins régulière des trains de blessés à la gare de l'Est, d'ailleurs interdite aux familles, sape le moral. Dans la nuit du 15 juillet, sur tout le front de l'Est - aux portes de Reims, Châlons, Epernay -, les Allemands attaquent au même moment. C'est la plus grande offensive du conflit que Ludendorff, avec cinquante divisions galvanisées, vient de lancer contre les Alliés. Il veut en finir. Assiégée, Reims est la proie des flammes. Les habitants sont brancardiers, pompiers ; masques à gaz autour du cou, les religieuses courent sans répit soigner des gens qui refusent, malgré les ordres, d'abandonner leur ville aux envahisseurs. Non loin de là, à dix kilomètres du front, dans la petite église de Suippes, Suzanne la postière de Coulommiers, épouse Jacques Millet, son amant sauvé de la mort par l'intrépide caporal Jules Laffère, frère de la jeune femme. La violence des canonnades rythme ce mariage irréel. La poussière tombe, Suzanne se protège tant bien que mal sous une délicate écharpe de soie blanche, elle pense à l'enfant qu'elle va mettre au monde. Et pendant ce temps-là, baïonnette au canon, Corréziens, Bretons, italiens, mais aussi Sénégalais - " la force noire " - se battent au corps à corps contre les Allemands. Le temps de la guerre est de tous les temps comme le temps d'aimer. Et, défaite ou victoire, les enfants morts pour la patrie ne reviennent jamais. Fraternité, courage, passion, telles sont les énergies qui soulèvent l'œuvre de Pierre Miquel, le plus grand conteur de la der des der. Après Les enfants de la patrie et Les poilus d'Orient, Pierre Miquel achève ici son œuvre magistrale sur la Première Guerre mondiale avec une suite romanesque en quatre volumes entièrement consacrée à 1918, l'année décisive.

Présentation du livre "Dans le musée de Reims ", de Danièle Del Giudice:
Le récit commence par ces mots : « Quand j’ai su que je deviendrai aveugle, j’ai commencé à aimer la peinture. Sans doute aimer n’est-il pas le mot exact, car, dans ma condition, il est difficile d’éprouver un sentiment envers quelque chose d’extérieur, et puis ma condition ne me permettant déjà plus de bien voir, je ne peux donc pas dire avec certitude ce que j’aime, si ce sont les tableaux que je cherche dans les musées, ou le fait même d’aller les chercher, jusqu’au moment où ma vue s’éteindra complètement. » Entamer la lecture de ce bref récit c’est ne plus s’arrêter avant le dernier mot du livre. Texte cristallin, tout y coule de source dans la superbe traduction de Jean-Paul Manganaro

Livre "Le palais du tau, reims, marne", de Patrick Demouy:
Le palais du tau, reims, marne

Livre "Reims, la cathédrale Notre-Dame", de Peter Kurmann, Alain Villes:
Reims, la cathédrale Notre-Dame, de Peter Kurmann, Alain Villes

Présentation du livre "Circuit de Reims", de Patrick Sinibaldi, Jean-Pierre Jarier(Préface):
Le 1er juillet 1956, le célèbre triangle Gueux-Muizon-Thillois est devenu le trépied intime des fantasmes de course automobile de l'auteur, qui entend à la radio, et pour la première fois, le hurlement des Formule 1, la terrifiante approche des Lancia D50 de Fangio, Collins et Castellotti couvrant peu à peu la voix haute au débit saccadé du reporter de ce Grand Prix de l'ACF. Le 3 juillet 1960, l'auteur se retrouve, à douze ans, dans le public, à la hauteur des dernières lignes de la grille de départ du Grand Prix de l'ACF. Il assiste là à son premier Grand Prix... Le panneau "une minute" circule maintenant entre les monoplaces. Crescendo dans la symphonie des moteurs, ciel blanchâtre, air vibrant au-dessus du tarmac surchauffé, parfum sublime de l'huile de ricin brûlée. Un gros bonhomme, planté au milieu de la piste devant les premières voitures, agite un drapeau français et s'échappe vers la piste de décélération. La BRM de Graham Hill reste collée sur l'extérieur de la première ligne. Derrière, c'est le chaos : Trintignant et Bianchi en sont victimes, Henri Taylor, Flockhart et Gregory en réchappent... Une quarantaine d'années plus tard, l'auteur est revenu au même endroit, retrouvant - vision surréaliste - les stands et tribunes mangés par la végétation, pathétiques vestiges d'une gloire passée, se dressant là, loin de tout, comme un vaisseau fantôme sur les hauts-fonds du souvenir. Debout au milieu de la piste, à hauteur de la ligne de départ, dans la lumière rasante des derniers rayons du soleil qu'accroche le squelette rouillé du tableau d'affichage, l'auteur croit revoir dans le lointain, juste au-dessus des champs de blé, les deux tâches rouge des Dino Ferrari de Phil Hill et Wolfgang von Trips, descendant à tombeau ouvert la route de Soissons, comme deux avions de chasse en rase-mottes qui auraient franchi le mur du son. A cet instant, est née l'envie de rendre à ce magnifique circuit l'hommage qu'il mérite et de raconter son histoire.
Biographie de l'auteur Médecin généraliste à Nice, l'auteur a vu le jour en avril 1948 à Reims, où son père était l'avant-centre du glorieux Stade de Reims. Sa passion pour la compétition automobile est née à quelques kilomètres de là, sur le circuit de Reims-Gueux, très haut lieu de la course pendant des décennies

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Collection : Tranches de ville. Format : Relié - 80 pages

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